
Voilà trente ans que la Tunisie et l’Europe avancent côte à côte. Premier pays au sud de la Méditerranée à signer un accord d’association avec l’UE, le pays a bâti avec elle une relation solide, faite d’échanges, d’investissements et de projets communs. Aujourd’hui, les deux partenaires veulent donner un second souffle à ce lien, tout en faisant face à un monde plus tendu.
Des priorités claires pour les années à venir
Pour consolider cette relation, l’UE et la Tunisie ont fixé 2023-2027. Elles reposent sur des intérêts partagés : défendre des valeurs communes comme les droits de l’homme, la bonne gouvernance et l’état de droit, favoriser un développement économique et social juste et durable, rapprocher les deux rives de la Méditerranée et mieux gérer les migrations et la mobilité.
Le dialogue engagé ces dernières années touche aussi des sujets d’avenir : le climat, l’innovation, la formation, la sécurité alimentaire et une gestion plus humaine des flux migratoire. Cette approche s’inscrit dans la continuité du processus de Barcelone lancé en 1995, qui encourage la coopération politique, économique, sociale et culturelle dans toute la région.
Un partenariat qui se mesure en chiffres
Les résultats sont visibles. L’Europe reçoit 70% des exportations tunisiennes et reste le premier investisseur du pays : 88% des investissements directs étrangers viennent d’elle. Les entreprises européennes créent aussi 90% des emplois liés à ces investissements.
Ce succès doit beaucoup à l’accord d’association, entré en vigueur le 1er mars 1998. Il supprime les droits de douane sur la plupart des produits tunisiens envoyés vers l’UE. Grâce à lui, la Tunisie est entrée dans les chaînes de production européennes, a augmenté la valeur de ses ventes et a diversifié son économie, du textile à l’agroalimentaire, en passant par les pièces automobiles. L’accord prévoit aussi, à terme, une zone de libre-échange et une coopération dans de nombreux domaines.
Sur le terrain, des projets concrets voient le jour en santé, éducation, numérique, énergie et infrastructures. La Banque européenne d’investissement a ainsi accordé 123 millions d’euros, soit environ 416 millions de dinars, pour le nouveau pont de Bizerte.
Des règles d’origine plus souples pour exporter
Depuis le 1er mars 2025, de nouvelles règles d’origine s’appliquent, négociées dans le cadre de la Convention Pan-Euro-Méditerranéenne. Elles sont plus souples que celles de 2012 et facilitent la reconnaissance de l’origine des marchandises, donc l’accès aux exonérations de douane. Les tissus, par exemple, en profitent particulièrement. Selon Thierry Béranger, de la délégation de l’UE à Tunis, davantage de produits tunisiens pourront ainsi entrer plus facilement sur le marché européen.
Reste un défi majeur : la compétitivité. La Tunisie doit encourager l’investissement productif, améliorer et diversifier sa production, et partir à la conquête de nouveaux marchés, en Afrique comme ailleurs dans le monde.








